15 février 2016

Un métier honorable: mendiant

Un mendiant est une personne dont l’activité principale consiste à démander de l’argent ou de la nourriture par charité.

Il peut s’agir d’une situation temporaire ou d’un quasi-métier avec son savoir-faire, ses usages, sa réglementation. Les enfants peuvent mendier, seuls ou en compagnie d’adultes. Le mendiant est habituellement sans domicile fixe et se déplace dans la campagne ou dans une ville qui est devenue son territoire.
Par le passé, on distinguait le vrai mendiant qui, faute de capacité d'emploi, de revenus ou de solidarité familiale ou autre, ne pouvait compter que sur les dons pour subsister. C’était bien souvent une profession reconnue, honorée et respectée ; le mendiant recevait nourriture et hospitalité selon des lois et des principes bien définis. Dans certains pays, notamment en France, des villes organisaient l’aide aux pauvres par la création de « chambre de charité » dont le financement était assuré par un impôt prélevé sur les bourgeois de la ville (dès le 16ième siècle dans le Comté de Montbéliard). Cette charité n’était octroyée qu’aux mendiants originaires du lieu, les autres étaient chassés hors des limites de la ville.



Deux membres de la famille TESSIER dit LAVIGNE ont vécu une partie de leur existence des revenus de la mendicité:
- Joseph TESSIER dit Lavigne(1775-?) fut un mendiant de Montréal. Fils d'Antoine Tessier et de Marguerite St-Romain. Infirme de naissance, cul-de-jatte.
- Amable TESSIER dit Lavigne, époux d'Adèle Tellier, de St-Félix-de-Valois, fut aussi un mendiant de cette paroisse. Journalier et homme de chantier(1861). Amable Tessier était aveugle dans les dernières années de sa vie(1881).

Source Information:
Census Place Joliette, Berthier, Quebec, 1881
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Le Mendiant

Un pauvre homme passait dans le givre et le vent.
Je cognai sur ma vitre ; il s'arrêta devant
Ma porte, que j'ouvris d'une façon civile.
Les ânes revenaient du marché de la ville,
Portant les paysans accroupis sur leurs bâts.
C'était le vieux qui vit dans une niche au bas
De la montée, et rêve, attendant, solitaire,
Un rayon du ciel triste, un liard de la terre,
Tendant les mains pour l'homme et les joignant pour Dieu.
Je lui criai : « Venez vous réchauffer un peu.
Comment vous nommez-vous ? » Il me dit : « Je me nomme
Le pauvre. » Je lui pris la main : « Entrez, brave homme. »
Et je lui fis donner une jatte de lait.
Le vieillard grelottait de froid ; il me parlait,
Et je lui répondais, pensif et sans l'entendre.
« Vos habits sont mouillés », dis-je, « il faut les étendre,
Devant la cheminée. » Il s'approcha du feu.
Son manteau, tout mangé des vers, et jadis bleu,
É talé largement sur la chaude fournaise,
Piqué de mille trous par la lueur de braise,
Couvrait l'âtre, et semblait un ciel noir étoilé.
Et, pendant qu'il séchait ce haillon désolé
D'où ruisselait la pluie et l'eau des fondrières,
Je songeais que cet homme était plein de prières,
Et je regardais, sourd à ce que nous disions,
Sa bure où je voyais des constellations.
Victor Hugo, Les Contemplations (1856)


Source de la photo: The Flirting Scholar(1993)

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