24 août 2010

L'AMOUR

Déesse de l'Empyrée, te voici dans toute sa splendeur!
Je t'ai rêvée en quelque chaude symphonie
Et de Chopin tu surgis rayonnante de fraîcheur
Comme l'aurore annonçant les battements de la vie

Tu arborais l'étendard impérial des conquistadors
L'effigie troublante des Cortez de l'Invincible
Qui, haussant dignement d'un commun accord
Leurs labarums, écorchaient les flancs de l'impossible

Tu étais en l'âme de Rodin l'éternelle sculpture
Où, au matin, Ploutos et Aphrodite se confondaient
Et dans l'Éden des marbres à riches ciselures
Tu étais la beauté sculpturale qui s'y baignait

Passait Aristote et son insensible philosophie
Démosthène et ses divins dons oratoires
À tes pieds prosternaient leurs fronts blêmis
Comme Tur devant Syracuse raillant son désespoir

Telle t'ai-je vue en mon rêve de vapeurs célestes
Errant de musiciens en philosophes, cherchant l'Humanité
Que le grand maître Rubens, de tendres caresses,
A reproduit sur ses toiles d'unique beauté

Voyez braves gens, je ne suis ni Lamartine, ni Hugo
Je n'ai ni le génie de Zola, ni le talent de Mallarmé
On ne m'a légué sur terre qu'ennui et sanglots
Mais l'Amour me donne son soleil pour rêver!


G LAVIGNE (1981)
Séminaire Montfort, Papineauville, Qc

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